DĂ©claration des partis politiques, appelant les guyanais Ă voter « OUI » Ă l’article 74 le 10 janvier 2010.
Nous sommes le regroupement, l’union des partis politiques de Guyane (fĂ©dĂ©ration du parti socialiste, l’AGEG, le MDES, les NFP, le PPG, le PSG, Walwari) qui sont favorables au OUI Ă l’article 74 pour le scrutin du 10 janvier 2010.

7 partis s'unissent pour le "OUI"
Face Ă la menace d’un blocage, d’un gel, d’une paralysie de la vie politique guyanaise, qui resterait Ă©ternellement figĂ©e dans un cadre statutaire aujourd’hui dĂ©passĂ©, il nous semble essentiel que les partisans d’une Ă©volution s’unissent dans le but commun de briser les obstacles au dĂ©veloppement de la sociĂ©tĂ© et de l’identitĂ© guyanaises.
Introduction
Le but du scrutin du 10 janvier est de demander aux Guyanais s’ils veulent, OUI ou NON le changement du statut dĂ©partemental tel qu’il existe depuis 1946.
Rappelons que depuis 63 ans il est officiel de faire semblant de croire qu’il n’y a pas de diffĂ©rence entre un Guyanais, un Breton, un Parisien ou un Bourguignon, et ce en dĂ©pit des lois de dĂ©centralisation qui ont tentĂ© de briser le cadre jacobin de la France.
Les assemblĂ©es dĂ©partementale et rĂ©gionale de Guyane n’ont aucun pouvoir de dĂ©cision sur les sujets importants – je veux citer, par exemple, les mines, l’énergie, le foncier – qui affectent l’avenir du pays, le mot « pays » lui-mĂŞme Ă©tant un mot banni.
La France nous propose aujourd’hui de devenir une collectivitĂ© d’outre-mer, autonome, avec une assemblĂ©e territoriale dotĂ©e de larges et rĂ©elles responsabilitĂ©s. C’est cela que nous offre l’article 74 de la Constitution de la RĂ©publique Française.
Qu’elle choisisse de vivre sous l’article 73 ou l’article 74 de la Constitution, il est bien entendu que la Guyane reste partie intĂ©grante de la RĂ©publique Française.
Nos raisons
La philosophie politique de l’évolution statutaire
L’évolution statutaire est subordonnée à l’exigence de la mise en œuvre du projet de société adopté à une large majorité par le Congrès des élus départementaux et régionaux en septembre 2009. Il nous apparaît évident que cette mise en œuvre n’est pas possible dans le cadre de l’article 73 de la Constitution, mais dans celui de l’article 74, en raison de la demande de nouvelles responsabilités qui en résulte.
C’est la raison fondamentale pour laquelle nous sommes favorables Ă l’article 74 de la Constitution.
Nous pensons donc qu’il nous faut absolument saisir l’occasion de l’article 74 pour ouvrir un nouveau mode de gouvernance locale. L’expression signifie bien que les Ă©lus guyanais seront dĂ©sormais responsables des politiques dĂ©cidĂ©es. C’est, en Guyane, et non plus Ă Paris que les grandes dĂ©cisions seront prises.
Une démarche progressiste et humaniste :
L’adoption de l’article 74, le 10 janvier 2010, permettra de mettre en œuvre des actions pour l’exercice de compétences élargies et de responsabilités politiques en vue de l’amélioration sociale et morale de la population guyanaise.
Le projet de sociĂ©tĂ©, dans le cadre de l’article 74 prĂ©conise l’institution d’une assemblĂ©e dĂ©libĂ©rante et d’un exĂ©cutif dotĂ©s d’un large champ de compĂ©tences.
Les compétences demandées dans le cadre de l’article 74 sont au nombre de 17 :
1. Impôts, droits et taxes, cadastre
2. Le foncier, le droit domanial et bien de la Collectivités
3. Voirie
4. Urbanisme, construction, habitation, logement
5. Aménagement rural
6. Tourisme
7. Accès au travail des étrangers
8. Création et organisation des services et établissements publics de la collectivité
9. Mines
10. ForĂŞts
11. Energie
12. Environnement
13. Agriculture
14. PĂŞche maritime et fluvial
15. Politique éducative et plus particulièrement le primaire
16. Exploration, exploitation et gestion du sol et du sous-sol
17. Gestion des espaces naturels protégés
Le transfert des compétences sera progressif et planifié dans le temps.
Tout cela, pour un système public d’Ă©ducation, de culture et de santĂ© accessible Ă tous, pour soutenir la prĂ©servation de l’environnement pour le bien ĂŞtre de l’Homme et pour affirmer la nĂ©cessitĂ© d’un dĂ©veloppement Ă©conomique des filières basĂ© sur l’accès aux ressources par nous et pour nous.
La démarche d’évolution statutaire s’accompagne du programme exceptionnel d’investissement qui aura, par son ampleur, un impact sur la vie des citoyens et des collectivités.
Le Congrès des élus départementaux et régionaux, qui s’est tenu en septembre 2009, a défini quels transferts de compétence seront nécessaires.
Il n’y a lĂ rien d’extraordinaire. Ce sont les domaines qui nous touchent de très près, des domaines que nous connaissons bien.
D’autres domaines resteront du ressort de la collectivitĂ© nationale, donc du gouvernement français, tels que les affaires internationales ou la justice, la fiscalitĂ© nationale, et bien sĂ»r le domaine de la protection sociale, et de la santĂ©.
Nous demanderons Ă©galement d’ĂŞtre responsables de la coopĂ©ration Ă©conomique avec les pays de notre espace gĂ©ographique. Il s’agit de replacer la Guyane et de nous replacer lĂ oĂą nous sommes, en AmĂ©rique du Sud.
Ce qui n’empĂŞchera pas que nous fassions partie, rĂ©glementairement, de l’Union EuropĂ©enne, dont nous resterons une rĂ©gion pĂ©riphĂ©rique.
Certaines compĂ©tences seront partagĂ©es entre la collectivitĂ© nationale et la nouvelle collectivitĂ©, tels que l’Ă©ducation et la formation, le rĂ©gime de la propriĂ©tĂ© des sols, la sĂ©curitĂ© civile, la fiscalitĂ©, la santĂ©…etc.…
En rĂ©sumĂ©, ce que nous demandons n’est rien d’autre que la revendication classique et raisonnable de responsabilitĂ©s, de nous occuper de nos affaires DANS LE CADRE DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.
N’ayons pas peur !
Il est important de dissiper certaines angoisses de nos compatriotes, réellesou imaginaires. Ou inventées.
Le mot autonomie de gestion que nous employons, doit ĂŞtre expliquĂ©. Dans les annĂ©es 1960, Ă l’Ă©poque de la grande vague de dĂ©colonisation, et surtout dans les anciens territoires britanniques ou hollandais, le mot dĂ©signait une pĂ©riode intermĂ©diaire entre la colonisation et l’indĂ©pendance, supposĂ©e prĂ©paratoire.
Il n’est plus du tout question de cela aujourd’hui.
Ceux qui vont rĂ©pĂ©tant que l’autonomie de gestion que nous demandons est l’antichambre de l’indĂ©pendance, comme en 1960, propagent des contre vĂ©ritĂ©s. Notre autonomie de gestion est un Ă©tat permanent et stable, très bien dĂ©fini par l’article 74 de la Constitution, ainsi que l’a dit et rĂ©pĂ©tĂ© le PrĂ©sident de la RĂ©publique, et ainsi que le veut le Congrès des Ă©lus dĂ©partementaux et rĂ©gionaux de septembre 2009.
Pour ceux qui tiennent absolument Ă des comparaisons, les Etats des Etats-Unis et du BrĂ©sil bĂ©nĂ©ficient d’une autonomie de gestion rĂ©elle, et aucun d’entre eux n’est devenu indĂ©pendant. Il en est de mĂŞme dans de nombreux pays sous des noms diffĂ©rents et avec des modalitĂ©s variables.
Toutes les compĂ©tences transfĂ©rĂ©es seront accompagnĂ©es des transferts des ressources nĂ©cessaires, conformĂ©ment Ă l’article 72 de la Constitution. Il n’y aura aucune coupe sombre dans la protection sociale. Tout le monde s’y est engagĂ©.
Quant Ă ceux qui disent que nos Ă©lus ne sont pas en mesure d’assurer leurs nouvelles compĂ©tences, nous disons simplement que sortir la Guyane d’un cadre d’assistance fera naĂ®tre chez les jeunes Guyanais le goĂ»t de la responsabilitĂ© et de l’action politique.
C’est dans la responsabilitĂ© que se trouve l’invention, la souplesse, la crĂ©ativitĂ©, la nĂ©cessitĂ© de trouver des solutions endogènes praticables. C’est dans la responsabilitĂ© que l’échec ou l’impuissance devient un lieu d’expĂ©rience vĂ©ritable et de maturation. Le pays recèle des centaines de jeunes capables, compĂ©tents et bien formĂ©s qui aspirent Ă devenir ses cadres. Ils sont restĂ©s jusqu’ici Ă l’Ă©cart de la vie politique et le changement de rĂ©gime leur donnera l’occasion de donner toute leur mesure.
Aux Guyanais, Ă tous les Guyanais, Ă ceux qui sont les premiers occupants de la Guyane, Ă ceux qui ont prouvĂ© qu’ils savaient se rĂ©volter contre l’esclavage, Ă tous ceux que le flux et le reflux des marĂ©es Ă©conomiques ont conduit sur nos rivages, nous disons que nous faisons appel Ă eux pour lancer la Guyane vers un nouvel avenir. En disant OUI le 10 janvier 2009 Ă l’article 74, nous aurons l’occasion de gĂ©rer nous-mĂŞmes notre pays, un pays, celui de FĂ©lix EbouĂ©, Justin CatayĂ©e, de Gaston Monnerville, d’Hughes Sirder, de LĂ©on-Gontran Damas, d’Elie Castor, de tant d’autres.
Ne demandez pas ce que le pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays.
Décidez le 10 janvier prochain que vous voulez être responsables de votre pays.







