Comme à son habitude, Guyane74.com vous livre des éléments de réflexion afin de permettre à chacun de voir « plus clair » dans ce qui s’est passé ce 10 janvier, mais également dans ce qui arrive, à savoir le vote du 24 janvier prochain.
Nous sommes convaincus que le meilleur choix, dans l’état actuel des choses, était celui du « OUI » à l’article 74. Ce « OUI » pour défendre nos intérêts propres au sein de la république, tel que proposé par le Congrès des élus. Cette occasion qui nous était offerte, 70% d’entre nous ont répondu qu’ils ne voulaient pas que la Guyane soit dotée d’une organisation pour défendre ses intérêts propres au sein de la république. Nous l’avons raté, c’est une GRAVE ERREUR.
C’est une grave erreur, car 70% ont dit non à :
- Un projet issu d’un long travail des élus du Conseil général et du Conseil Régional, pendant plus d’un an, agrémenté des divers débats de ces dix dernières années: un projet issu des débats publics initiés par la commission ad’hoc (composée d’élus du CG, du CR et de représentants des maires, dont Alexandre, Horth, Sirder, ou autre Budoc!). Un projet issu des guyanais eux-mêmes, rejetés par les guyanais eux-mêmes. Surréaliste!
- La maîtrise de notre foncier, par la rétrocession de la terre de Guyane, confisquée par l’état, aux collectivités. Terre qui nous aurait permit de construire écoles, collèges, lycées, infrastructures de santé, logements, crèches, axes de circulation (routes, etc…), installation d’agriculteurs, ateliers, entreprises,… et générer des ressources supplémentaires;
- La compétence en matière de sous-sol, donc de nos richesses minières. Richesses aux demeurant non renouvelables qui nous auraient permis d’augmenter les ressources financières aux collectivités aux fins de développement;
- 70% ont encore dit NON aux orientations du projet mettant l’éducation, le désenclavement, le développement économique, etc… comme priorités pour la Guyane;
- La possibilité de financements nouveaux et importants issus de nos richesses naturelles, qui nous échappent actuellement et qui auraient permis de renforcer les finances des collectivités (communes en premier lieu) afin de financer des équipements publics;
- Une meilleure prise en compte des réalités coutumières et de la jeunesse à travers leurs conseils respectifs prévus dans le projet;
- Une meilleure représentation de la voix des communes enclavées dans la nouvelle collectivité;
- Une éducation et une école plus adaptée à nos réalités, notamment pour les communes de l’intérieur. 70% ont dit non au fait que des filles et fils de Guyane enseignent à des fils et filles de Guyane… ;
- La négociation d’un plan exceptionnel d’investissement avec l’état en vue de mettre à niveau l’ensemble des infrastructures nécessaires;
Vous l’avez compris, chers internautes, ce 70% de NON a refusé tout cela! Incompréhensible. Alors nous avons cherché à comprendre le pourquoi de ce refus.
En discutant avec des habitants qui ont voté NON le 10 janvier, nous nous sommes rendus compte qu’ils n’avaient pas mesuré tous ces aspects, et se sont rendus compte de leur erreur. C’est dire combien le débat a été tronqué, pollué par les anti-74 qui ont fait un amalgame entre la mise en place d’un nouveau système, les moyens pour le faire fonctionner et les hommes et les femmes qui seraient ensuite chargés de conduire la politique du changement.
En écoutant des interviews de divers médias interrogeant des électeurs à l’issue du vote, nous nous sommes rendus compte combien ceux-ci n’avaient pas saisi la portée du changement qui était demandé, ainsi que les enjeux s’y afférent.
Certains disaient qu’en votant pour le 74, nous sortirions de la France. En leur demandant simplement si St Martin, St Barth, St Pierre et Miquelon ou la Polynésie étaient en dehors de l’ensemble français, ils finirent bien embarrassés à reconnaître que non. Et reconnurent leur erreur.
En demandant à une dame pourquoi elle avait voté NON, elle répondit à un journaliste qu’elle ne voulait pas perdre son RMI et ses allocations. Lorsque celui-ci eu le courage de lui dire que même en étant dans l’article 74 tel que demandé par le Congrès des élus elle conservait ses avantages sociaux, elle répondit d’un air désolé, qu’elle ne savait pas. Nous pourrions ainsi multiplier les exemples, montrant à l’évidence qu’une bonne partie de ceux qui ont voté NON le 10 janvier, l’ont fait soit par méconnaissance, soit parce qu’ils ont été troublés par des « arguments » des tenants du 73 qu’ils ont finalement reconnu ne pas tenir la route.
Une autre partie a reconnu avoir voté NON pour sanctionner « les élus en place ». En leur demandant si le vote de dimanche dernier portait sur le choix des hommes, ils reconnurent que non; en leur demandant si les élections régionales à venir leur permettrait de changer les élus en place, ils répondirent que oui, et furent alors incapables de dire pourquoi ils avaient voté NON.
Enfin, d’autres arguaient et répétaient le fait que « nous n’avons pas exploité à fond les possibilités du 73″. En leur demandant alors quelles étaient ces possibilités, qu’est ce qui n’avait pas été exploité à fond, ils furent tétanisés, désarçonnés et bien incapables de répondre. Ils reconnurent alors que cet argument n’avait pas de sens et n’était fondé sur rien. Au final, ils se sont interrogés. Oui, pourquoi avaient-ils voté NON à la possibilité de défendre les intérêts propres de la Guyane tout en restant dans la République française?
C’est à cela que nous avons assisté: à des gens fiers d’avoir voté NON, comme une sanction, et qui quelques heures après en les questionnant, se demandaient bien comment ils avaient pu dire NON aux intérêts de la Guyane. comme s’ils s’étaient soudain réveillés d’un mauvais rêve. En définitive, ce NON, pour une bonne partie, fut un NON irrationnel, un NON de la peur, un NON de quelque chose qui n’existe pas, ne reposant sur aucun fondement sérieux. Les 73-istes portent donc une grande responsabilité dans ce qui vient de se passer. Ils ont réussi à stimuler une peur chez les gens pour qu’ils votent NON. Mais en les questionnant, peur de quoi? Un NON basé sur du vent. Ils se rendirent vite à l’évidence qu’ils avaient été trompés. OUI, nous avons loupé le coche le 10 janvier.
Maintenant, que se passera-t-il? Que nous réserve le 24 janvier? Que faut-il faire?
Tout comme le vote du 10 janvier les arguments devant nous permettre de répondre à cette question sont simples car ils doivent répondre aux questions suivantes:
- La question du 24 janvier découle-t-elle d’une demande des élus en Congrès? NON, c’est N. Sarkozy qui l’a mise à l’ordre du jour alors que personne ne l’a demandé;
- La question du 24 janvier intègre-t-elle la prise en compte des intérêts propres de la Guyane? NON, il s’agit de la fusion pure et simple du Conseil Général et du Conseil Régional dans le cadre de l’article 73, c’est-à -dire sans prendre en compte les intérêts propres de la Guyane;
- Y-a-t-il un projet de développement associé à la question du 24 janvier, comme ce fut le cas pour celle du 10 janvier? NON, il n’y a aucun projet, sauf peut-être dans la tête de Sarkozy, personne n’en sait rien;
- La compétence de la gestion du foncier figure-t-elle dans la fusion qui est soumise le 24 janvier? NON;
- La compétence de la gestion de nos ressources naturelles sera-t-elle transférée dans la question du 24 janvier? NON;
- Est-il prévu une négociation avec l’état sur la loi qui va suivre en cas de OUI à la question du 24 janvier? NON, ce sera une loi ordinaire, pas une loi organique;
- Est-il prévu une négociation avec l’état sur un plan exceptionnel d’investissement pour rattraper le retard en matière d’infrastructures? NON;
- Savons-nous quelles sont les intentions du gouvernement en cas de OUI le 24 janvier? Savons-nous quels seront les organes principaux de cette collectivité en cas de fusion pure et simple du CR et du CG? NON, de tout cela nous ne savons rien;
- Savons-nous pourquoi N. Sarkozy a décidé de poser cette question alors qu’aucun élu, même ceux qui étaient anti-74, ne l’a demandé? NON;
- Y-aura-t-il une plus-value d’une simple fusion entre CR et CG dans le cadre de l’article 73 actuel? NON, les compétences restent les mêmes;
- Est-ce que, savons-nous si…etc…..;
Voilà cher internaute, quelques questions que nous devons nous poser au sujet du 24 janvier. Il nous semble donc, au vu de celles-ci que les réponses qui y sont associées ne sont pas de nature à un quelconque changement susceptible de placer la Guyane sur la voie du développement, de la libre circulation, du désenclavement, de la maîtrise de nos ressources naturelles, etc… Seul le Oui le 10 janvier était de nature à amorcer ce changement…. mais nous l’avons raté à 70%!
Alors que faut-il faire? Que voter le 24 janvier??? Nous te laissons le choix de décider en toute lucidité et en toute conscience sur une question dont nous ne savons presque rien (quelle incertitude!), sinon qu’elle ne sera pas de nature à mener la Guyane vers le développement économique tant espéré pour nos enfants…
En tous cas, les quelques questions posées ci-dessus doivent te permettre de faire ton choix.







