Organisation, fonctionnement et compĂ©tences de la nouvelle collectivitĂ© dans le cadre de l’article 74

Cette page reprend les rĂ©solutions n° 8 et 9 du Congrès des Ă©lus du 2 septembre 2009: on y trouve Ă  la fois l’organisation, le fonctionnement et les compĂ©tences dont les Ă©lus souhaitent disposer dans le cadre de ce changement.

LES INSTITUTIONS

  • Un conseil territorial de Guyane composĂ© de 57 membres au plus
  • Un conseil exĂ©cutif composĂ© de 7 Ă  12 membres. Le conseil et son prĂ©sident est Ă©lus par le conseil territorial
  • Des instances consultatives :
    • Le conseil Ă©conomique social et culturel, de l’environnement et de l’éducation
    • Le conseil des autoritĂ©s coutumières guyanaises
    • Le conseil de la jeunesse

Les modalités d’organisation et de fonctionnement des institutions de la nouvelle collectivité seront précisées par la loi organique.

LE MODE DE SCRUTIN

Le nombre d’élus des circonscriptions électorales sera déterminé en tenant compte du principe de l’égalité démographique, mais aussi de la superficie des territoires pour corriger les déséquilibres trop marqués entre le littoral et le reste de la Guyane.

Les modalités d’élection des conseillers territoriaux seront précisées par la loi organique.

LES COMPETENCES DE LA NOUVELLE COLLECTIVITE

La nouvelle collectivité de Guyane se substitue au Département et à la Région de Guyane. Cette collectivité est dotée de l’autonomie de gestion et demeure une Région ultra périphérique dans l’ensemble européen. Ses personnels demeurent régis par les droits et règlements nationaux qui leur sont applicables.

La collectivité de Guyane exercera les compétences actuellement dévolues au Département et à la Région de Guyane.

La collectivité de Guyane a vocation à fixer les règles applicables en toutes matières, à l’exception des matières mentionnées au quatrième alinéa de l’article 74 de la constitution et de celles relatives à la protection sociale et à la santé publique.

La collectivité de Guyane fixera les règles applicables dans les matières suivantes :

  • ImpĂ´ts, droits et taxes, Ă  l’exception des impĂ´ts directs locaux et des cotisations sociales.
  • Urbanisme, construction, habitation, logement
  • Transport
  • Voirie
  • Droit domanial et des biens de la collectivitĂ©
  • Accès au travail des Ă©trangers
  • Mines
  • ForĂŞt, Ă  l’exception des espaces forestiers faisant partie du domaine de l’état.
  • CrĂ©ation et organisation des services et Ă©tablissements publics de la collectivitĂ©

La collectivité réglementera et exercera le droit d’exploitation des ressources naturelles biologiques et non biologiques du plateau continental et de la zone économique exclusive, dans le respect des engagements internationaux de la France.

La collectivité dans ses domaines de compétences pourra demander aux autorités de la république l’autorisation de négocier, dans le respect des engagements internationaux de la France, des accords avec les états voisins ou organismes régionaux et conclure, toujours en respectant les engagements internationaux de la France, des conventions avec des autorités locales étrangères pour mener des actions de coopération ou d’aide au développement.

La collectivité de Guyane sera habilitée à adapter à ses caractéristiques et contraintes particulières les lois et règlements dans les matières suivantes :

  • Education et formation
    • La collectivitĂ© dĂ©termine la politique Ă©ducative en association avec l’ensemble des partenaires concernĂ©s ainsi que les activitĂ©s Ă©ducatives complĂ©mentaires qu’elle entend introduire dans les diffĂ©rents niveaux de l’éducation.
    • La collectivitĂ© prend les dispositions nĂ©cessaires Ă  l’adoption des contenus des enseignements et les mĂ©thodes pĂ©dagogiques en matière d’enseignement primaire liĂ©s Ă  notre environnement.
    • La collectivitĂ© Ă©labore, en concertation avec l’universitĂ© Antilles-Guyane, une carte d’implantation, d’accueil, de formation supĂ©rieure et de la recherche.
  • Energie, environnement, biodiversitĂ©, espaces naturels protĂ©gĂ©s
    • La collectivitĂ© Ă©labore et contrĂ´le la politique en matière d’énergie, de biodiversitĂ©, d’environnement.
    • La collectivitĂ© adapte les règles applicables dans les domaines de l’énergie, de la biodiversitĂ©, de l’environnement et du dĂ©veloppement durable. Elle dĂ©finit le cadre de l’élaboration des plans de prĂ©vention des risques naturels majeurs et technologiques.
    • La collectivitĂ© assure la gestion des espaces naturels protĂ©gĂ©s, Ă©labore le classement et le dĂ©classement en zone de rĂ©serve naturelle et prĂ©serve les diversitĂ©s biologiques et les biotopes avec lesquels les autres politiques doivent ĂŞtre en harmonie.
    • La collectivitĂ© veille Ă  la mise en place d’une politique respectueuse de l’environnement et de l’écologie.
  • Tourisme
  • Agriculture, pĂŞche maritime et fluviale

La collectivité pourra en outre être habilitée à sa demande par loi ou par décret à adapter à ses caractéristiques et contraintes particulières les lois et règlements en toutes autres matières relevant de la compétence de l’état, à l’exception de celles mentionnées au quatrième alinéa de l’article 74 de la constitution.

LES COMPETENCES ASSOCIEES AVEC L’ETAT

La collectivité de Guyane pourra être associée à l’exercice de compétences de l’état dans les matières suivantes :

  • Education et formation
    • La collectivitĂ© partage avec l’état la compĂ©tence en matière de dĂ©finition et d’élaboration des programmes scolaires et celle en matière de formation, de recrutement et d’affectation du personnel enseignant qui relève de la fonction publique d’état. Une convention sera conclue entre la collectivitĂ© et l’état pour l’exercice de ces compĂ©tences.
  • Culture
    • La collectivitĂ© met en Ĺ“uvre une politique de dĂ©veloppement de la culture guyanaise et de l’approfondissement de l’identitĂ© notamment en Ă©laborant un schĂ©ma de dĂ©veloppement culturel en concertation avec les acteurs culturels et après avis du Conseil des AutoritĂ©s Coutumières Guyanaises et du Conseil Economique et Social, Culturel de l’Education et de l’Environnement.
  • Sport
    • La collectivitĂ© dĂ©finit et met en Ĺ“uvre la politique de dĂ©veloppement du sport, notamment en Ă©laborant un schĂ©ma de dĂ©veloppement sportif en concertation avec le monde sportif.
    • La collectivitĂ© veille Ă  la promotion du sport de masse et de haut niveau.
    • La collectivitĂ© dĂ©finit l’hymne et l’emblème pour les sportifs qui reprĂ©sentent la Guyane dans les compĂ©titions interrĂ©gionales et internationales.
  • CoopĂ©ration rĂ©gionale et internationale
    • La collectivitĂ© participe Ă  la nĂ©gociation des traitĂ©s et accords internationaux, participe Ă  un espace de coopĂ©ration judiciaire et douanière. Elle est reprĂ©sentĂ©e au sein des organismes rĂ©gionaux et des instances communautaires compĂ©tentes en matière de politique relative aux rĂ©gions ultra pĂ©riphĂ©riques.
    • Dans le respect des prĂ©rogatives rĂ©galiennes de l’état, la collectivitĂ© territoriale exerce des compĂ©tences dans le domaine de la coopĂ©ration rĂ©gionale et de l’action internationale. Lorsque l’état prend l’initiative de nĂ©gocier les accords entrant dans le domaine de la collectivitĂ© de Guyane, le prĂ©sident du Conseil ExĂ©cutif ou son reprĂ©sentant est associĂ© et participe au sein de la dĂ©lĂ©gation française Ă  ces nĂ©gociations. Le prĂ©sident du Conseil ExĂ©cutif de Guyane ou son reprĂ©sentant participe, au sein de la dĂ©lĂ©gation française, aux nĂ©gociations relatives aux relations entre la CommunautĂ© europĂ©enne et la CollectivitĂ© de Guyane.
    • La collectivitĂ© de Guyane participe Ă  l’élaboration des règles relatives aux conditions d’entrĂ©e et de sĂ©jour des Ă©trangers Ă  l’exception de l’exercice du droit d’asile, de l’éloignement des Ă©trangers et de la circulation des citoyens de l’Union europĂ©enne.
  • Action sanitaire et sociale
    • La collectivitĂ© participe aux opĂ©rations de contrĂ´le sanitaire aux frontières et Ă  l’élaboration des politiques sociales.
  • SĂ©curitĂ© civile
    • Avec le concours de la collectivitĂ© de Guyane, dans le cadre de ses compĂ©tences ainsi que des communes, l’Etat Ă©value en permanence l’état de prĂ©paration aux risques et veille Ă  la mise en Ĺ“uvre des mesures d’information et d’alerte des populations.
    • La collectivitĂ© de Guyane concourt  Ă  la prĂ©vision des risques de sĂ©curitĂ© civile dans le cadre des compĂ©tences qui lui sont dĂ©volues notamment en matière d’urbanisme, de protection de l’environnement, d’amĂ©nagement du territoire de prĂ©vention des risques naturels et de diffusion de la culture du risque.
  • Justice et sĂ©curitĂ©
    • La collectivitĂ© de Guyane peut apporter son concours Ă  la mise en place d’outils techniques et de structures de lutte pour la prĂ©vention de la dĂ©linquance, de la criminalitĂ©.
  • Emploi
    • Une convention sera conclue entre la collectivitĂ© et l’état pour le recrutement et l’affectation du personnel relevant de la fonction publique hospitalière et la fonction publique d’état.
  • SantĂ©
    • La collectivitĂ© territoriale et l’état mettent en place les orientations politiques en matière de santĂ© et Ă©laborent la carte des Ă©tablissements.

RESSOURCES DE LA COLLECTIVITE

Pour l’exercice des compétences qui lui sont transférées, la Collectivité de Guyane bénéficiera :

  • Du produit des dotations et subventions bĂ©nĂ©ficiant au DĂ©partement et Ă  la RĂ©gion de Guyane, dans les conditions prĂ©vues pour les dĂ©partements et les rĂ©gions d’outre-mer.
  • Du produit des impĂ´ts directs locaux tels qu’établis au profit du DĂ©partement et de la RĂ©gion de Guyane prĂ©alablement au changement statutaire, Ă©voluant dans les conditions prĂ©vues pour les dĂ©partements et les rĂ©gions d’outre-mer.
  • Du produit des impositions qui lui sont transfĂ©rĂ©es.
  • Et pour l’excĂ©dent de charges correspondant Ă  l’exercice des compĂ©tences transfĂ©rĂ©es par rapport au montant total des produits visĂ©s aux prĂ©cĂ©dents alinĂ©as, d’une dotation globale de compensation versĂ©e par l’état.

RESSOURCES DES COMMUNES

Pour l’exercice de leurs compétences, les communes de Guyane bénéficieront :

  • Des dotations et subventions prĂ©vues en faveur des communes de Guyane, dans des conditions inchangĂ©es.
  • Des produits des impĂ´ts directs locaux revenant aux communes de Guyane, dans des conditions inchangĂ©es.
  • De montants de ressources fiscales propres, autres que celles provenant des impĂ´ts directs locaux, garantis par la collectivitĂ© de Guyane, Ă©quivalents de ceux perçus par chaque commune prĂ©alablement au changement statutaire, ajustĂ©s en fonction de l’évolution de la population communale.
  • D’une dotation annuelle versĂ©e par la collectivitĂ© de Guyane, Ă©quivalent au produit d’octroi de mer reçu par chaque commune l’annĂ©e prĂ©cĂ©dant celle de l’entrĂ©e en vigueur du nouveau statut, augmentĂ©e dans une proportion Ă©gale Ă  celle de l’évolution annuelle  des prix dans la collectivitĂ© de Guyane, et ajustĂ©e en fonction de l’évolution de la population communale.

PROGRAMME EXCEPTIONNEL D’INVESTISSEMENT

Pour aider la Guyane à surmonter les réalités naturelles auxquelles elle doit faire face, et pour rattraper le retard en matière d’équipements indispensables à son développement et pour résorber son déficit en équipement et services collectifs, un programme exceptionnel d’investissement d’une durée de quinze ans sera négocié avec le gouvernement lors de la préparation de la loi organique fixant le statut de la nouvelle collectivité de Guyane.

Les axes essentiels du plan exceptionnel d’investissement sont les suivantes :

  • CrĂ©er les infrastructures permettant l’accès au savoir.
    • L’enseignement supĂ©rieur et la recherche
    • L’enseignement secondaire
    • Les infrastructures socioculturelles (musĂ©es, bibliothèques, salles de spectacle)
  • Les infrastructures permettant l’accès aux soins et aux Ă©quipements de santĂ©.
    • Mettre un terme aux nuisances diverses d’ordre Ă©pizootique, Ă©cologique, sonore ou olfactive
    • Construction de structure d’accueil pour compenser le sous-Ă©quipement des Ă©quipements pour les jeunes handicapĂ©s, les mineurs en danger, l’accueil collectif des enfants d’âge prĂ©scolaire, le placement familial thĂ©rapeutique, les prises en charge psychiatriques des adultes et famille en difficultĂ©, l’hĂ©bergement mĂ©dicalisĂ© ou non des personnes âgĂ©es, les soins aux toxicomanes en hospitalisation complète, les personnes alcooliques.
  • Permettre l’accès Ă  l’eau potable pour toutes les populations et doter l’ensemble du territoire guyanais de moyens efficaces de traitement des dĂ©chets.
  • Permettre Ă  la population guyanaise d’accĂ©der aux sources d’énergie nĂ©cessaires Ă  une vie dĂ©cente.
  • DĂ©finir un plan et des moyens rĂ©alistes de protection et de gestion de la biodiversitĂ©.
  • Les infrastructures et les mesures nĂ©cessaires Ă  l’accès Ă  l’emploi.
    • AmĂ©liorer l’environnement des entreprises
    • Favoriser leur compĂ©titivitĂ©
    • Mettre en place des dispositifs de formation de qualitĂ©
    • RĂ©gler la question des surcoĂ»ts
  • Les mesures nĂ©cessaire Ă  la limitation des flux migratoires.
  • La continuitĂ© territoriale.
    • Normaliser la relation de voisinage et de co-dĂ©veloppement avec les territoires voisins
  • Les infrastructures de dĂ©senclavement interne de la Guyane.
    • Parfaire la continuitĂ© de manière multimodale (espace fluvial, aĂ©rien, aĂ©rodrome) par une politique des Ă©quipements, des prix et de l’offre
    • DĂ©senclaver le vieux port de Cayenne
    • Poursuivre et accroĂ®tre la politique d’installation d’infrastructure rĂ©gionales de communications Ă©lectroniques Ă  haut dĂ©bit.
  • Le socle du dĂ©veloppement Ă©conomique, les moyens de l’attractivitĂ© et de la crĂ©ation d’activitĂ© et d’emplois.
    • DĂ©finition et promotion de filières touristiques porteuses
    • Identifier et prĂ©parer l’offre hĂ´telière
    • DĂ©finir, mettre en Ĺ“uvre et accompagner un plan de construction de logements dont les objectifs sont de rĂ©duire les inĂ©galitĂ©s, contribuer Ă  la socialisation Ă  l’insertion, Ă  la dynamisation de l’activitĂ© Ă©conomique, Ă  la crĂ©ation d’emplois et de manière plus gĂ©nĂ©rale Ă  la cohĂ©sion Ă©conomique et sociale. Ce pan devra faire l’objet d’un lissage prĂ©cis de la commande publique pour Ă©viter les effets de surchauffe.
    • AllĂ©ger la dĂ©pendance Ă©nergĂ©tique et organiser une filière « énergie renouvelable »
    • Re-qualifier le secteur de la pĂŞche, professionnaliser la main d’œuvre, revoir la maĂ®trise de la commercialisation et de la transformation
  • Les initiatives nĂ©cessaires pour permettre l’accès au foncier.
    • RĂ©gler en prioritĂ© la question du statut du foncier en dotant la collectivitĂ© de Guyane du moyen indispensable Ă  son dĂ©veloppement et Ă  l’amĂ©nagement de son territoire qu’est la cession du foncier
    • Faire de ce patrimoine un instrument du dĂ©veloppement compatible avec les contraintes environnementales, mettre en Ĺ“uvre une vĂ©ritable industrie du bois
    • DĂ©finir une charte de formation aux mĂ©tiers du bois et de la forĂŞt

Définir, organiser et accompagner les conditions d’exploitations des niches porteuses en matière d’industrie du bois.

Si vous souhaitez disposer des résolutions originales, consultez-les ou enregistrez-les au format PDF :

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